Collyres
Un collyre anesthésiant et un collyre dilatateur sont instillés. Comptez une vingtaine de minutes pour que la pupille se dilate.
Accueil / Cataracte / La cataracte secondaire
Quelques mois ou quelques années après une opération de la cataracte, la vue peut se voiler à nouveau. Ce n'est pas la cataracte qui revient : le cristallin a été retiré et ne repousse pas. C'est la fine membrane qui soutient l'implant qui s'est épaissie. Une séance de laser de quelques minutes suffit à y remédier.
Comprendre
Le terme de « cataracte secondaire » est trompeur. Il vient de la ressemblance des symptômes, pas du mécanisme.
Lors de l'opération de la cataracte, le cristallin opacifié est retiré, mais l'enveloppe qui le contenait (un sac très fin appelé capsule) est conservée. C'est elle qui reçoit l'implant et le maintient en place, exactement là où se trouvait le cristallin naturel. Cette conservation est essentielle : elle rend l'intervention plus sûre et le résultat plus stable.
Chez 20 à 30 % des patients, quelques cellules restées sur cette capsule prolifèrent avec le temps et migrent derrière l'implant. La membrane s'épaissit, se plisse et perd sa transparence. Le terme médical exact est opacification de la capsule postérieure, ou fibrose capsulaire.
Il ne s'agit pas véritablement d'une complication, mais d'une évolution naturelle et attendue de la cicatrisation intraoculaire. Elle peut survenir quelques mois comme plusieurs années après l'intervention, et sa fréquence varie selon l'âge, le type d'implant et le terrain inflammatoire.
Le cristallin a été retiré définitivement : il ne peut pas s'opacifier de nouveau. Seule la membrane située derrière l'implant est en cause, et son traitement n'a rien à voir avec une seconde opération de la cataracte.
Après la chirurgie de la cataracte, si la vision se voile à nouveau
L'implant a remplacé le cristallin. La fine membrane qui le contient, la capsule, a été conservée pendant l'opération et reste transparente.
Des mois ou des années plus tard, cette capsule peut s'épaissir derrière l'implant et devenir trouble. La vision se voile de nouveau, progressivement. L'implant, lui, n'est pas en cause et reste en place.
Un laser ouvre une fenêtre au centre de la capsule, en consultation, sans incision et sans anesthésie autre que des gouttes. La lumière retrouve un passage libre. Le geste n'est pas à renouveler.
Rayons entrants Point de convergence Lumière dispersée Capsule opacifiée Ouverture au laser
Symptômes
C'est précisément cette ressemblance qui a donné son nom trompeur à la fibrose capsulaire. L'installation est progressive, souvent sur plusieurs mois, ce qui la rend d'autant plus difficile à percevoir.
Une sensation de brouillard permanent, comme derrière une vitre dépolie.
La vision se dégrade alors qu'elle était nette après l'opération.
Particulièrement gênants la nuit et à la conduite.
Les couleurs paraissent ternes, les nuances se distinguent mal.
Le plein soleil devient inconfortable, la vision s'y dégrade.
Besoin de plus de lumière, fatigue plus rapide à la lecture.
Indications
Il n'existe aucun traitement médical de la fibrose capsulaire : ni collyre, ni complément, ni changement de lunettes ne rendront sa transparence à la capsule. La seule solution est le laser YAG. Mais elle ne s'impose pas dès le premier signe.
Une fois la capsule ouverte, on ne peut pas revenir en arrière. C'est pourquoi le geste n'est pas réalisé à la moindre gêne, ni trop tôt après l'opération de la cataracte : il faut d'abord que l'œil se calme, que la réfraction se stabilise et que l'implant soit solidement fixé dans le sac capsulaire. Cette prudence n'est pas une précaution de principe : un laser trop précoce expose à un déplacement de l'implant, à une inflammation prolongée ou à un œdème de la rétine.
La séance
Contrairement à la chirurgie de la cataracte, qui se déroule au bloc opératoire de la Clinique Les Martinets, la capsulotomie au laser YAG est réalisée au cabinet, lors d'une consultation ordinaire. Vous êtes assis, comme pour un examen à la lampe à fente.
Un collyre anesthésiant et un collyre dilatateur sont instillés. Comptez une vingtaine de minutes pour que la pupille se dilate.
Vous êtes assis, menton et front en appui. Un verre de contact est parfois posé sur l'œil pour stabiliser le regard et focaliser le tir. Il faut rester immobile pendant toute la durée du geste.
Des impacts brefs et très focalisés découpent une ouverture circulaire au centre de la capsule, en arrière de l'implant, que le laser laisse intact. Aucune incision n'est pratiquée. Le geste est indolore : vous percevez surtout un éblouissement et de petits claquements correspondant aux impacts.
Un collyre anti-inflammatoire est instillé, et la pression intraoculaire est contrôlée. Aucun pansement n'est nécessaire. Une seule séance suffit par œil, les deux yeux étant traités à environ une semaine d'intervalle.
Après la séance
Les suites ne sont pas douloureuses, et l'amélioration visuelle est en général rapide, de quelques heures à quelques jours. Vous retrouvez l'acuité que vous aviez après l'opération de la cataracte.
Les collyres prescrits sont à poursuivre pendant la durée indiquée, généralement une semaine.
Le tarif figure sur la page tarifaire.
Risques
La capsulotomie au laser YAG est l'un des actes les mieux maîtrisés de l'ophtalmologie, et ses complications sont rares. Elles peuvent néanmoins survenir, même lorsque toutes les précautions ont été prises et l'indication correctement posée.
Le meilleur moyen de limiter les conséquences d'une complication est de la prendre tôt. Ces symptômes doivent toujours être considérés comme anormaux à distance du geste.
Fiches d'information de la SFO
Ces fiches sont éditées par la Société Française d'Ophtalmologie et le Syndicat National des Ophtalmologistes de France. Elles décrivent l'intervention, ses résultats, ses risques et les conséquences d'un refus de soins. Elles servent de base au consentement éclairé, mais ne remplacent pas la consultation.
Questions fréquentes
Un examen à la lampe à fente suffit à faire la part des choses entre une fibrose capsulaire et une autre cause de baisse de vision. C'est le préalable à toute décision.
Dr Emmanuel Halimi
Chirurgien ophtalmologue · RPPS 10100555084 · Ordre des médecins des Hauts-de-Seine n° 92/23003
Page rédigée et validée par le praticien.
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