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L'implant à profondeur de champ étendue

Plutôt que de créer plusieurs foyers séparés, l'EDOF allonge une zone de netteté continue, du loin jusqu'à l'intermédiaire. Un compromis entre confort et qualité d'image.

Distances nettesLoin et intermédiaire
Lecture fineLunettes le plus souvent
HalosMoins fréquents qu'en multifocal

Ce que veut dire « profondeur de champ étendue »

L'appellation vient de la photographie. Un objectif à faible profondeur de champ ne rend net qu'un plan précis ; un objectif à grande profondeur de champ garde une netteté acceptable sur une plage de distances.

L'implant EDOF applique ce principe : au lieu de découper la lumière en deux ou trois foyers distincts, il étire un foyer unique en une zone allongée. Le résultat est une transition continue, sans saut de netteté entre le loin et l'intermédiaire.

Ce que vous verrez

  • De loin : net, avec une qualité proche du monofocal.
  • À distance intermédiaire : écran, tableau de bord, prix en rayon, net également. C'est le gain principal.
  • De près, en lecture fine : des lunettes restent le plus souvent nécessaires. Certains patients lisent des caractères moyens sans, d'autres non.

C'est la famille qui couvre le mieux la vie de bureau et la conduite, et la moins performante sur un livre à petits caractères.

Ce qu'il coûte en qualité d'image

Toute répartition de la lumière a un prix. L'EDOF entraîne une perte de contraste inférieure à celle du multifocal, mais réelle. Les phénomènes lumineux nocturnes existent, plutôt sous forme d'un halo diffus ou de traînées que des anneaux concentriques du multifocal.

Ces perceptions s'atténuent avec le temps, par neuroadaptation. Le délai varie de quelques semaines à quelques mois, et il n'est jamais garanti.

Une utilisation qui mérite d'être connue

Un implant EDOF peut être posé sur un œil et un monofocal réglé pour le près sur l'autre, ou deux EDOF réglés à des distances légèrement décalées. Cette combinaison élargit la plage nette globale tout en limitant les inconvénients optiques. Elle se discute au cas par cas, en fonction de votre œil dominant et de vos habitudes.

Quand il est écarté

Comme le multifocal, l'EDOF est déconseillé en présence d'une DMLA, d'un glaucome évolué ou d'une rétinopathie diabétique : la perte de contraste qu'il impose s'ajoute à celle déjà causée par la pathologie.

Une sécheresse oculaire marquée, une cornée irrégulière ou un antécédent de chirurgie réfractive compliquent également le calcul et la qualité du résultat.

Pour qui

Pour un patient actif qui travaille sur écran, conduit en journée, et accepte des lunettes pour la lecture prolongée. Pour celui qui souhaite réduire sa dépendance aux lunettes sans accepter les halos marqués du multifocal. Le supplément n'est pas pris en charge par l'Assurance Maladie.

Complications possibles

Ce sont d'abord celles de toute chirurgie de la cataracte, que je détaille sur la page cataracte. Trois tiennent à l'implant lui-même :

  • L'opacification de la capsule postérieure : la membrane qui maintient l'implant peut se voiler avec le temps. On parle de cataracte secondaire, traitée par un laser YAG.
  • Le déplacement de l'implant : il est rare.
  • Des halos autour des lumières : ils restent faibles avec un implant EDOF, bien moins marqués qu'avec un implant multifocal.

L'implant EDOF, avec et sans torisation

Une zone centrale modifie la façon dont la lumière se concentre et étire la profondeur de champ, au lieu de créer plusieurs foyers distincts. La netteté s'étend du loin jusqu'à l'intermédiaire, avec moins de halos qu'un multifocal. La lecture fine reste souvent assistée.

01 EDOF

La zone de netteté est étirée, du loin jusqu'à l'intermédiaire. La lecture fine reste souvent assistée.

02 EDOF torique

La profondeur de champ étendue, associée à la correction de l'astigmatisme.

Vision nette sans lunettes Confort variable Lunettes nécessaires Repères d'axe torique

L'anneau central figure la zone optique responsable de cet étirement ; il n'est pas visible à l'œil nu sur l'implant réel. Le choix se fait au cas par cas : cornée, rétine, habitudes visuelles, tolérance aux halos.

Dr Emmanuel Halimi

Chirurgien ophtalmologue  ·  RPPS 10100555084  ·  Ordre des médecins des Hauts-de-Seine n° 92/23003

Page rédigée et validée par le praticien.
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