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Le bilan pré-opératoire de chirurgie réfractive
Une heure d'examens qui décide de tout : si vous êtes opérable, par quelle technique, et avec quelle correction. C'est le seul rendez-vous qui puisse répondre à ces questions.
Pourquoi il ne peut pas être raccourci
Aucune des questions que vous vous posez ne se règle par un examen unique. L'épaisseur de votre cornée détermine ce qui est possible, sa géométrie détermine ce qui est sûr, votre correction détermine ce qui est nécessaire, et l'état de votre rétine détermine ce qui doit être traité avant.
Un bilan expédié conduit à l'une des deux erreurs : opérer un œil qui ne devait pas l'être, ou refuser un œil qui pouvait l'être.
Ce qui est mesuré
La topographie cornéenne
Elle cartographie la courbure de votre cornée, face avant et face arrière, point par point. C'est l'examen qui dépiste un kératocône ou une fragilité débutante : la contre-indication la plus importante à connaître, parce qu'un laser pratiqué sur une cornée fragile peut l'aggraver de façon irréversible.
La pachymétrie
Elle mesure l'épaisseur cornéenne au micron près. On en déduit ce qu'il restera après traitement : c'est ce chiffre qui décide entre LASIK et trans-PKR, ou qui oriente vers un implant phaque si la cornée ne permet ni l'un ni l'autre.
La réfraction, avec et sans cycloplégie
Votre correction est mesurée deux fois : en conditions normales, puis après instillation d'un collyre qui bloque temporairement l'accommodation. Cette seconde mesure révèle la correction réelle, que l'effort d'accommodation peut masquer, surtout chez l'hypermétrope jeune.
L'aberrométrie et le diamètre pupillaire
Elle analyse les défauts optiques fins, au-delà de la simple correction. Le diamètre de votre pupille en faible luminosité est mesuré : une pupille large expose davantage aux halos nocturnes, et cela influence la zone optique programmée.
Le film lacrymal
Une sécheresse préexistante s'aggrave après chirurgie, surtout après LASIK. Elle est recherchée systématiquement et, si elle existe, traitée avant l'intervention plutôt qu'après.
Le fond d'œil dilaté
La rétine périphérique est examinée à la recherche d'une déchirure ou d'une zone de fragilité, particulièrement chez le myope fort. Une lésion identifiée est traitée au laser avant, et la chirurgie différée le temps de la cicatrisation. C'est la raison d'être de cet examen, souvent perçu comme accessoire.
Arrêtez vos lentilles avant de venir
Une semaine pour les lentilles souples, deux pour les toriques, trois au minimum pour les rigides, plusieurs mois pour l'orthokératologie. Une cornée encore marquée donne des mesures fausses. Pourquoi ce délai compte.
Comment se déroule le rendez-vous
Comptez environ une heure. La dilatation pupillaire, nécessaire au fond d'œil et à la réfraction sous cycloplégie, rend la vision floue et la lumière éblouissante pendant trois à quatre heures. Ne prévoyez pas de conduire au retour, et évitez de planifier une réunion dans la foulée.
Apportez vos ordonnances de lunettes anciennes si vous les avez : elles permettent de vérifier la stabilité de votre correction, condition indispensable avant toute chirurgie.
Ce que vous en repartez
Une réponse claire : opérable ou non, par quelle technique, avec quel résultat attendu et quels risques. Un devis écrit détaillé, transmissible à votre complémentaire. Et le temps de réfléchir : aucune décision ne se prend le jour même.
Le bilan est facturé même si l'indication n'est pas retenue. Il vous appartient, et ses mesures restent valables si vous consultez ailleurs.
Dr Emmanuel Halimi
Chirurgien ophtalmologue · RPPS 10100555084 · Ordre des médecins des Hauts-de-Seine n° 92/23003
Page rédigée et validée par le praticien.
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