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PreLex

Presbyopic Lens Exchange, échange du cristallin clair

Le PreLex corrige la presbytie en remplaçant le cristallin par un implant multifocal. C'est le geste de la chirurgie de la cataracte, appliqué à un cristallin encore transparent, mais qui a perdu son élasticité et ne fait plus la mise au point. Une intervention définitive, qui supprime au passage toute cataracte future.

Dès 55 ansIndication habituelle
2 à 7 joursVision utile
Les MartinetsBloc opératoire, Rueil-Malmaison
DéfinitifPlus jamais de cataracte

Le principe

Remplacer une lentille qui ne se déforme plus.

La presbytie n'est pas une maladie de la cornée. C'est le cristallin qui se rigidifie et cesse de bomber pour accommoder. Le PreLex s'attaque donc directement à la cause.

Vers 45 ans, le cristallin perd progressivement sa souplesse. Le muscle ciliaire continue de se contracter normalement, mais la lentille ne se déforme plus assez pour faire la mise au point de près. C'est la presbytie, et elle est inéluctable : aucune technique ne la prévient ni ne la retarde.

Le PreLex, acronyme de PREsbyopic Lens EXchange, consiste à retirer ce cristallin devenu rigide (mais toujours transparent) et à le remplacer par un implant intraoculaire multifocal. Cet implant répartit la lumière sur plusieurs foyers et restitue une vision de loin, intermédiaire et de près.

Le geste est exactement celui de la chirurgie de la cataracte. La seule différence tient au moment : on opère avant que le cristallin ne s'opacifie, pour une raison fonctionnelle et non pour une baisse de vision liée à une opacité.

L'implant permet de corriger simultanément une myopie, une hypermétropie et, dans sa version torique, un astigmatisme. C'est là son intérêt : il traite l'ensemble du problème optique en une seule intervention.

Un geste irréversible, sur un œil qui voit bien de loin.

C'est ce qui distingue le PreLex de toute autre chirurgie réfractive. On retire un organe fonctionnel chez quelqu'un dont la vision de loin est souvent excellente. La décision se prend à froid, après un bilan complet et un délai de réflexion, jamais dans l'enthousiasme d'une consultation.

PresbyLASIKLa cornée est remodelée au laser,en surface multifocale. Le cristallinreste en place, et continue de vieillir.PreLexLe cristallin est retiré et remplacépar un implant multifocal. La cornéen'est pas touchée. Le geste est définitif.Deux voies pour corriger la presbytie
PresbyLASIK et PreLex
PreLex ou cataracte : le même geste, deux situations

L'intervention est la même : je retire le cristallin et je le remplace par un implant. Ce qui change, c'est l'état du cristallin, et donc la raison d'opérer.

Dans la cataracte, le cristallin s'est opacifié. La vision baisse, les couleurs ternissent, la conduite de nuit devient difficile. On opère pour retrouver une vision que l'opacité a fait perdre, et l'intervention est prise en charge par l'Assurance Maladie.

Dans le PreLex, le cristallin est encore clair. L'œil voit bien de loin, mais le cristallin, devenu rigide, ne fait plus la mise au point de près. On opère pour se passer de lunettes, pas pour une maladie : le PreLex relève de la chirurgie réfractive et n'est pas remboursé.

Le bilan tranche. Ce qui fait parler de chirurgie de la cataracte, ce n'est pas l'opacité seule : c'est la gêne qu'elle entraîne au quotidien. Un début d'opacification, ou une cataracte qui ne retentit pas encore sur la vision, oriente vers un PreLex. La chirurgie de la cataracte

Étape par étape

Du bilan au dernier contrôle.

L'intervention dure une vingtaine de minutes. Ce qui l'entoure compte davantage : le bilan qui la décide, et les semaines d'adaptation qui la suivent.

01 · Avant

Le bilan pré-opératoire

C'est l'étape déterminante. Elle mesure la biométrie oculaire, qui sert au calcul personnalisé de la puissance de l'implant, et vérifie l'état de la cornée par topographie, celui de la macula et du nerf optique par OCT, et la qualité du film lacrymal.

Elle évalue aussi vos attentes et votre mode de vie : conduite nocturne, travail sur écran, lecture prolongée. Ces éléments orientent le choix de l'implant autant que les mesures.

02 · Le jour J

L'intervention

En ambulatoire, sous anesthésie locale par collyres, avec pose d'un écarteur à paupières. Une incision principale au limbe et une à deux paracentèses, l'ouverture circulaire de la capsule (le capsulorhexis), puis la fragmentation par ultrasons et l'aspiration du cristallin, la capsule étant conservée.

L'implant multifocal, plié, est injecté dans le sac capsulaire où il se déploie. L'incision est auto-étanche : un point de suture est rarement nécessaire.

03 · Ce que vous vivez

Pendant l'opération

Vous êtes éveillé, allongé, les paupières maintenues ouvertes par un écarteur. Vous ne sentez pas de douleur, mais une impression de pression, et vous entendez les instruments.

La vision devient étrange : lumières diffuses, formes colorées, sensation de regarder à travers un kaléidoscope. C'est normal et transitoire. L'appréhension avant l'intervention l'est tout autant, et l'équipe est là pour cela.

04 · Après

Suites et récupération

Coque de protection la nuit pendant quelques jours, collyres antibiotiques et anti-inflammatoires, pas d'effort physique intense, et surtout ne pas se frotter l'œil.

Un flou et une sensibilité à la lumière sont habituels les premiers jours. La vision redevient utile en deux à sept jours, mais l'implant étant multifocal ou EDOF, la vision de haute qualité met plusieurs semaines à plusieurs mois à s'installer, le temps de la neuro-adaptation. La stabilisation est atteinte en un à trois mois, parfois jusqu'à six. Les deux yeux sont opérés à quelques semaines d'intervalle.

Les six temps de l'intervention : vue de face

01 Désinfection, anesthésie

Antisepsie de la surface de l'œil, anesthésie par gouttes, puis mise en place d'un écarteur à paupières.

02 Micro-incisions

Une incision principale au limbe et une à deux paracentèses, sans point de suture.

03 Capsulorhexis

Ouverture circulaire et continue de la capsule, qui sera conservée pour recevoir l'implant.

04 Fragmentation, aspiration

Le cristallin, resté clair mais devenu rigide, est fragmenté puis aspiré. La capsule qui l'entoure est conservée.

05 Implant multifocal

L'implant multifocal est injecté replié, puis déployé dans le sac capsulaire. Ses anneaux concentriques répartissent la lumière entre loin, intermédiaire et près.

06 Antibiotique, étanchéité

Injection d'un antibiotique, vérification de l'étanchéité, protection de l'œil.

Structure concernée Cristallin retiré Implant multifocal Capsule conservée

Le choix

PreLex ou PresbyLASIK ?

Ce sont les deux voies pour corriger la presbytie, et elles ne s'adressent pas aux mêmes patients. L'une touche la cornée et laisse le cristallin vieillir. L'autre remplace le cristallin et ne touche pas la cornée.

PreLexPresbyLASIK
Ce qui est modifiéLe cristallin, remplacé par un implant multifocalLa cornée, remodelée au laser en surface multifocale
DurabilitéDéfinitive. La cataracte ne pourra plus survenirLe cristallin continue de vieillir : une cataracte reste possible, et devra être opérée
Amplitude de correctionCorrige des amétropies fortes, au-delà des limites du laserLimitée par l'épaisseur cornéenne disponible
Nature du gesteIntraoculaire : on ouvre l'œilCornéen : l'intérieur de l'œil n'est pas abordé
Risques spécifiquesEndophtalmie, rupture capsulaire, décollement de rétine : rares mais réelsComplications cornéennes, sans risque intraoculaire
CoûtPlus élevé : frais de bloc, anesthésie et implant s'ajoutent aux honoraires. Non remboursé, mais souvent pris en charge en partie par la mutuelleMoindre, l'acte se déroulant sur le plateau laser. Non remboursé, mais souvent pris en charge en partie par la mutuelle
Âge habituelÀ partir de 55 ansEntre 45 et 55 ans, sur cristallin encore clair
LieuClinique Les Martinets, Rueil-MalmaisonPlateau laser de l'Institut Voltaire, Paris 11e

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Pourquoi 55 ans plutôt que 45 ?

Avant 55 ans, il reste souvent une accommodation résiduelle qu'il serait dommage de sacrifier, et le bénéfice du PreLex par rapport au laser ne justifie pas encore le risque intraoculaire. Passé cet âge, l'accommodation est épuisée, un début de cataracte s'installe fréquemment, et remplacer le cristallin devient l'option la plus logique : on traite la presbytie et on anticipe la cataracte d'un même geste.

Tarif PreLex 4 500 €les deux yeux 2 250 €par œil Forfait tout compris : honoraires du chirurgien, frais de clinique et de plateau technique, consommables et suivi post-opératoire. Non pris en charge par l'Assurance Maladie ; de nombreuses complémentaires prévoient un forfait. Toutes les informations tarifaires

Effets secondaires attendus

Le prix optique de la multifocalité.

Ces effets ne sont pas des complications : ce sont les conséquences directes du fonctionnement de l'implant. Ils doivent être connus et acceptés avant l'intervention, car ils sont prévisibles.

Ses atoutsSes limites
La conduite nocturne fréquente est le premier critère qui fait préférer un implant EDOF à un multifocal, voire renoncer à la multifocalité.Halos lumineux et éblouissements nocturnes : l'implant multifocal crée des cercles ou des étoiles autour des lumières, surtout la nuit et en conduite. C'est une propriété optique du dispositif, pas un défaut de l'intervention.
Les attentes doivent être explicites : l'objectif réaliste est de se passer de lunettes dans la grande majorité des situations quotidiennes, pas dans toutes.Baisse de la sensibilité aux contrastes : en divisant la lumière entre plusieurs foyers, l'implant en attribue moins à chacun. Les nuances se distinguent moins bien, surtout en faible luminosité.
Le premier œil est un test : opérer les deux yeux à quelques semaines d'intervalle permet d'évaluer votre tolérance réelle avant de poursuivre.Lecture fine parfois imparfaite : pour de petits caractères ou une lecture prolongée dans un environnement sombre, une correction d'appoint peut rester utile.
La qualité de la rétine et de la cornée conditionne tout : un implant multifocal exige un œil par ailleurs parfait. C'est ce que le bilan vérifie.Neuro-adaptation : le cerveau apprend à sélectionner l'image nette parmi celles que l'implant lui fournit. La vision redevient utile en deux à sept jours, mais l'adaptation s'étale sur plusieurs semaines à plusieurs mois, avec une stabilisation en un à trois mois, parfois jusqu'à six.
Le choix de l'implant se discute autant que la technique.

Monofocal, monofocal plus, EDOF ou multifocal : chaque famille dessine une plage de vision nette différente, et la multifocalité n'est pas toujours le meilleur compromis. Le détail de ces quatre profils figure sur la page consacrée aux implants.

Complications

Les mêmes que la chirurgie de la cataracte.

Le geste étant identique, les risques le sont aussi. Ils sont rares, mais réels, et leur acceptation est d'autant plus exigeante que l'intervention est ici fonctionnelle et non nécessaire.

≈ 1 / 2 000
Endophtalmie

Infection intraoculaire, malgré une asepsie rigoureuse. C'est la complication la plus grave : elle impose un traitement immédiat et peut aller d'une baisse importante de la vision jusqu'à la perte fonctionnelle de l'œil.

Per-opératoire
Rupture de la capsule postérieure

Une déchirure de la fine membrane qui soutient l'implant compromet sa stabilité. La pose de l'implant multifocal initialement prévu doit alors souvent être abandonnée au profit d'un autre modèle : le plan opératoire change en cours d'intervention.

Transitoire
Œdème de cornée

Un gonflement passager de la cornée trouble la vision les premiers jours. Il se résorbe le plus souvent spontanément.

Rare
Décollement de rétine

Plus fréquent chez les myopes forts. Il peut entraîner une perte de vision importante s'il n'est pas opéré rapidement, d'où les signes d'alerte à connaître.

Premiers jours
Élévation de la pression intraoculaire

Habituellement contrôlée par un traitement local, et vérifiée lors des contrôles post-opératoires.

Calcul
Erreur de puissance de l'implant

Les formules de calcul ont leurs limites, et chaque œil a ses particularités. Une erreur résiduelle peut imposer le port de lunettes ou une reprise. Le risque est majoré chez les patients ayant déjà subi une chirurgie réfractive cornéenne, dont la cornée modifiée fausse les mesures.

Si vous avez déjà été opéré au laser.

Un antécédent de LASIK, de PKR ou de SMILE ne contre-indique pas le PreLex, mais il complique nettement le calcul de l'implant. Apportez impérativement vos comptes rendus opératoires et vos mesures pré-laser : ce sont eux qui permettent d'appliquer les formules adaptées et de réduire la marge d'erreur.

Indications

Qui peut en bénéficier ?

Le PreLex offre une correction durable de la presbytie, mais il ne convient pas à tout le monde. L'exigence porte moins sur la presbytie elle-même que sur la santé du reste de l'œil.

Profil favorable

  • Âge de 55 ans et plus, accommodation épuisée
  • Presbytie gênante au quotidien, souvent associée à une hypermétropie
  • Début d'opacification du cristallin, qui rend le geste d'autant plus logique
  • Rétine et macula saines, vérifiées par OCT
  • Cornée régulière et film lacrymal de bonne qualité
  • Attentes réalistes, et acceptation des halos nocturnes
  • Forte amétropie dépassant les possibilités du laser cornéen : chez un patient plus jeune, l'implant phaque ICL est alors préférable

Situations qui écartent ou font différer

  • Glaucome, même équilibré : la multifocalité y est mal tolérée
  • Dégénérescence maculaire liée à l'âge, même débutante
  • Sécheresse oculaire sévère
  • Rétinopathie diabétique, ou diabète non équilibré
  • Toute pathologie oculaire susceptible d'évoluer et de dégrader la vision centrale
  • Conduite nocturne professionnelle ou très fréquente
  • Attentes de perfection absolue sans lunettes en toutes circonstances

Fiches d'information de la SFO

Ces fiches sont éditées par la Société Française d'Ophtalmologie. Elles décrivent l'intervention, ses résultats, ses risques et les conséquences d'un refus de soins. Elles servent de base au consentement éclairé, mais ne remplacent pas la consultation.

Presbyte, et lassé de chercher vos lunettes ?

Le questionnaire donne une première orientation entre laser et implant. Le bilan pré-opératoire, lui, mesure ce qui ne se devine pas : votre biométrie, votre cornée et l'état de votre rétine.

Dr Emmanuel Halimi

Chirurgien ophtalmologue  ·  RPPS 10100555084  ·  Ordre des médecins des Hauts-de-Seine n° 92/23003

Page rédigée et validée par le praticien.
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